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CONAKRY CAPITALE MONDIALE DU LIVRE EN CAUSE ?

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Les librairies par terre sont un autre marché du livre en plein essor dans la capitale Conakry et ses environs. Leur accessibilité et prix attirent de plus en plus de citoyens plutôt que de s’orienter vers des endroits spécialement installés à cet effet. 

En dépit de tous ‘’bruits et fanfares’’ sur le choix  de Conakry, comme Capitale mondiale du livre depuis 2017 , les librairies par terre continuent  de prendre d’ampleur sur celles officielles.

Elèves, étudiants, professeurs, enseignants, parents et autres amoureux de la lecture préfèrent toujours se documenter à partir de ces endroits installés souvent dans un coin du marché ou en bordure de route.

Devant une libraire sise à Madina, la clientèle ne manque pas. Même en cette période de grandes vacances scolaires, certains continuent de s’en procurer et parfois avec des prix nettement abordables. Dans cette librairie, se trouvent assez de livres et pour tous les niveaux. Le client peut trouver des livres de grammaires, des dictionnaires, des romans de tout genre, les littératures, des mathématiques  de toutes sortes souvent entassées pêle-mêle.

Alpha Bah, parent d’élèves, explique que son attachement aux librairies par terre se justifie par l’absence de librairie dans son quartier et sa cherté dans les zones où en trouvent. « Je loge à Koloma1. Nous n’avons pas de bibliothèque privée voire publique. C’est pourquoi, à chaque nouvelle rentrée  scolaire, avant les inscriptions et réinscriptions de mes enfants, je pars à Madina pour chercher les livres pour eux.  Je relève les noms des livres et le niveau de chacun suivant leurs programmes d’études », a-t-il ajouté.

Pour cette étudiante, les prix sont moins abordables au niveau des librairies classiques.  Aissatou Sall pense que les prix des livres dans les endroits reconnus ne sont pas à la portée du commun des Guinéens. «  Dans les librairies officielles, les livres sont accompagnés par des étiquettes où les prix sont mentionnés. Les rares libraires qui existent sont réservées aux riches. Contrairement à la librairie par terre, où il y’a toutes les catégories.  On peut trouver des ouvrages rares qui sont quasi inexistants dans les librairies modernes. C’est la raison principale de cette affluence massive des gens au niveau des librairies par terre.  Par exemple, c’est possible d’avoir un bon livre de mathématiques à 35 mille GNG voire moins contre 90 à 120 mille GNF dans les rares les librairies officielles», a-t-elle démontré.

Bien que développé, certains spécialistes de vente de livres parviennent aussi à maintenir leurs clients et à s’en sortir. C’est le cas de Boubacar Sow, gérant d’une librairie à Dixinn. « J’ai  des clients qui viennent acheter des documents pour leurs enfants régulièrement. J’ai même certains qui ont  fait plus de quinze ans avec moi. Ils  me donnent les références et je trouve les documents. Je ne connais pas une autre activité. Toutes  mes dépenses sont satisfaites à partir de  ce travail», dit-t-il.

Le livre est considéré par  l’Unesco comme un bien de l’éducation. Mais au regard de cette situation, force est de reconnaitre que Conakry souffre toujours d’un manque criard de bibliothèques, notamment dans ses quartiers et villes environnantes. C’est pour dire si le choix de la Guinée, Capitale mondiale du livre a été perçu comme une grande opportunité, les attentes des populations laissent placent à une déception. Comme pour dire que la Guinée est loin de sortir de l’auberge en matière de promotion de la lecture et de la floraison de la librairie par terre.

Alpha Kanté

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